Les pratiques de la santé et de la sécurité au travail en Europe

En Allemagne, comme en France, l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail.

En complément du comité d’entreprise, obligatoire dès cinq salariés dans les entreprises employant plus de vingt collaborateurs, est instituée une commission pour la protection du travail  qui ressemble un peu à nos ex HSCT. Elle est composée de l’employeur, du médecin du travail, du spécialiste de la santé et de la sécurité au travail ainsi que des délégués à la sécurité.

Ces derniers sont obligatoires dans les établissements de plus de 20 salariés et leur nombre dépend du nombre de salariés : 1 délégué dans les entreprises de 21 à 50 salariés, 2 pour 10 salariés, … qui sont nommés par l’employeur après avis du comité d’entreprise. Ils bénéficient d’un temps de détachement puisque cette mission de délégué vient en complément de leur fonction au sein de la société.

Dans les activités de bureaux (banque, assurance, bureau d’études, ingénierie, …), il faut compter 1 délégué à la sécurité par tranche de 250 collaborateurs.

 

En France, 9 principes généraux de prévention régissent toute action de prévention. Si ces règles ne vous sont pas familières, vous pouvez consulter l’article L. 4121-2 du Code du Travail.

La Belgique a fait un autre choix.

Les principes généraux sont au nombre de 6, à savoir :

1. Éviter les risques;
2. Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités;
3. Combattre les risques à la source;
4. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou par ce qui l’est moins;
5. Prendre des mesures de protection collective par priorité à des mesures de protection individuelle;
6. Adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail, ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de rendre plus supportable le travail monotone et le travail cadencé et d’en atténuer les effets sur la santé.

Exit l’évolution de la technique, la planification de la prévention et les instructions appropriés aux travailleurs.

Vous remarquerez également que l’ordre n’est identique à celui prévu en France. Les mesures de protection collective et individuelle passent de 8ième place en France à 5ième en Belgique.

 

Allons maintenant faire un tour en Grèce…
Le droit grec ne prévoit pas de dispositions spécifiques applicables en cas de harcèlement moral au travail.
D’ailleurs, ce type de harcèlement est traité par le Code Civil grec et non par le Code du Travail.

A ce titre, si harcèlement il y a, ce dernier sera considéré comme une atteinte à la personnalité. La personne « offensée » pourra exiger la cessation de cette atteinte ainsi que sa non-réapparition ultérieure.

Si la personne offensée le demande, une indemnisation pourra être accordée. Le montant de cette indemnisation sera laissé au libre arbitre du juge qui fixera « une somme d’argent raisonnable ». Dixit le texte (article 932 du Code Civil grec).

 

Un peu plus loin de nous, les pays scandinaves présentent de vraies différences en terme de prévention et de traitement de la sécurité au travail.

En dépit, d’une quasi-obscurité 4 mois par an et de conditions climatiques difficiles, la Suède est l’un des pays où le nombre de burn out est le plus faible.

Toute sa philosophie tient dans ce slogan « Lagom ä bäst » qui se traduit par « Juste assez est la meilleure solution ». Il s’agit de trouver le meilleur – le juste ? – équilibre entre travail et vie privée.

De fait, les suédois sont orientés résultat et sont donc très productifs. La séparation entre travail et la vie privée est nettement marquée.
En pratique, cela se manifeste par le fait qu’il y ait peu de monde dans les bureaux après 17h, une pratique du sport accrue (souvent payé par les employeurs), une flexibilité des horaires généralisée et l’expérimentation d’une journée de travail de 6 heures payée 8 !

A cela s’ajoutent des pauses « gâteau ». En effet, les journées de travail sont organisées en blocs entrecoupés de pauses durant lesquelles les Suédois dégustent un gâteau autour d’une tasse de café.

Un gâteau, une tasse de café… et le respect de la vie privée grâce à des horaires adaptés : serait-ce la clé du bonheur ???